Thème d'affichage

Le Démineur de Windows a enfin droit à son reboot AAA

Nicolas Lecointre ·
Le Démineur de Windows a enfin droit à son reboot AAA

Une grille grise, dix mines et un smiley : pendant des années, le Démineur de Windows n'a pas eu besoin de plus.

On l'avait déjà vu transposé dans le détroit d'Ormuz, mais un développeur a décidé de voir beaucoup plus grand.

Avec Triple-A Minesweeper, jouable dans le navigateur, il offre au vieux jeu le traitement réservé aux AAA, ces blockbusters à très gros budget des grands studios, et n'oublie presque aucun cliché du genre.

Son créateur, Mike Lacher, n'en est pas à son coup d'essai : cet auteur et directeur de création est aussi derrière GOODY-2, présenté comme le modèle d'IA "le plus responsable du monde" et conçu pour voir un risque éthique dans la moindre question.

Tout un cinéma, avant même la première case

Tout commence sur un bureau Windows 95, avec un unique raccourci sur lequel il faut double-cliquer, comme au bon vieux temps.

L'écran passe ensuite au noir pour l'interminable défilé de logos des partenaires techniques, comme au lancement de tout bon AAA.

Ron Swanson assis à son bureau, mains jointes, attend en silence

Seule entorse au réalisme : un clic suffit à passer chaque logo.

Vient alors le réveil obligé de tout blockbuster qui se respecte. Vos oreilles sifflent, vos paupières s'ouvrent en clignant sur une image floue et une voix lointaine vous appelle.

C'est Nora, qui se doute bien que vous avez un million de questions. Mais il n'y a pas de temps à perdre : il faut déminer ces mines.

Touché, pas coulé

Une fois la grille enfin jouable, votre héros, Sweeper, commente chacun de vos clics, du nombre de mines autour de la case ouverte au moindre drapeau posé. Et quand il n'a rien à commenter, il rappelle qu'il doit déminer ces mines, évidemment.

Un marqueur jaune vous indique même où cliquer, de quoi rappeler la peinture jaune que les jeux modernes étalent sur chaque rebord à escalader.

Inutile de craindre la défaite : le code du jeu ne la prévoit tout simplement pas. Une mine arrache un grognement au héros, l'écran se voile un instant, puis... la partie reprend. 🤷‍♂️

Pendant ce temps, sur fond de musique très rythmée, les appels s'enchaînent, façon Metal Gear Solid. Nora reconnaît que les choses ont été compliquées entre vous et vous doit des explications sur ce qui s'est passé à Paris (après le déminage, évidemment).

D'autres interlocuteurs prennent ensuite le relais à un rythme effréné, et certains n'ont visiblement pas digéré ce qui s'est passé à Singapour. Même la radio locale parle de vous.

Un générique de fin plus long que la partie

Quand la dernière case tombe, la fenêtre du jeu s'éloigne au ralenti et la musique s'éteint pour la cinématique finale. Sans rien dévoiler, celle-ci réserve son petit coup de théâtre, figure imposée de tout scénario à gros budget.

S'ensuit un générique de plus d'une centaine de noms, avec des combat designers, un economy designer et un superviseur de la capture de mouvement. Pour une grille de 81 cases, on est dans les normes.

Il manque toutefois un cliché de taille à cette parodie : la monétisation. Microsoft, lui, s'en était chargé bien avant. Depuis Windows 8, le Démineur n'est plus livré avec le système : il se télécharge sur le Microsoft Store. Il comporte des défis quotidiens, un mode aventure, et surtout des publicités, et abonnement pour s'en débarrasser.

Vince McMahon sentant une liasse de billets devant une grille de Démineur avec drapeaux

Le héros Sweeper du jeu de Mike Lacher traîne peut-être un passé trouble à Singapour, mais au moins, lui ne vous réclamera jamais d'abonnement.

À propos de l'auteur

Nicolas Lecointre

Nicolas Lecointre

Fondateur des Joies du Code, je suis l'actualité et la culture des développeurs depuis 2012. Ancien développeur, je me consacre aujourd'hui entièrement au média.

Voir sa page auteur

À lire également

Articles similaires