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Selon Stack Overflow, moins d'un développeur sur quatre est heureux au travail

Nicolas Lecointre ·
Selon Stack Overflow, moins d'un développeur sur quatre est heureux au travail

Comment allez-vous ? C'est à cette simple question que se résume principalement la 16e édition de l'enquête annuelle de Stack Overflow auprès des développeurs, dont les résultats ont été publiés la semaine dernière.

Plus de 30 000 personnes y ont répondu. Et le classement des langages, d'ordinaire le morceau de choix, n'occupe cette année qu'une petite place dans la présentation des résultats : JavaScript garde la tête (62%), devant Python (58%) et Bash (51,3%), TypeScript suivant à 43,8%.

Le moral dans les sockets

Les développeurs ne vont pas très fort : selon l'enquête, seuls 22% des répondants s'estiment heureux dans leur travail, contre 24,5% l'an dernier, et un tiers ne l'est pas (28% en 2025). Les 45% restants s'en accommodent, sans plus.

Graphique Stack Overflow montrant la satisfaction au travail des développeurs en 2026, 22% heureux

Pour expliquer ce manque d'entrain, 21% des répondants invoquent l'épuisement et la lassitude face à la tech, et 19% l'incertitude économique, qui les dissuade de changer de poste.

L'IA y est aussi pour quelque chose, mais moins qu'on pourrait le croire : près d'un développeur sur dix lui reproche d'automatiser les parties les plus stimulantes de son travail.

Au quotidien, ce qui complique vraiment la vie des devs, c'est surtout l'organisation dans leur entreprise : des priorités floues (17%), des process inefficaces (15%) et le manque de temps ou de moyens (14%).

Et quand on leur demande ce qui leur a facilité le travail ces six derniers mois, la réponse la plus fréquente est "rien" (21%), juste devant "les bons outils".

Avec l'IA et les licenciements (surtout marqués aux États-Unis), les cartes ont été rebattues entre développeurs et employeurs, constate Stack Overflow : avant 2020, on trébuchait sur une offre d'emploi en allant chercher son pain.

Aujourd'hui, les profils LinkedIn arborent le badge Open to Work pendant plusieurs mois.

Pas sûr que la fiche de paie remonte le moral des troupes dans l'Hexagone : les répondants français déclarent une rémunération annuelle médiane de 62 550 dollars (salaire, primes et avantages compris, avant impôts), moins qu'en Espagne ou en Pologne.

Le classement est à prendre avec des pincettes : seuls 526 répondants français ont indiqué leur salaire, et ils sont encore moins nombreux en Espagne (331) et en Pologne (309).

L'Allemagne affiche 85 296 dollars, et les États-Unis culminent à 154 000 dollars (damn).

L'IA matin, midi et soir

Parmi les répondants qui utilisent des assistants de code ou des agents IA, 73% affirment s'en servir tous les jours. Près d'un tiers des utilisateurs quotidiens d'outils IA y passent au moins quatre heures par jour.

Graphique Stack Overflow montrant le temps d'usage quotidien des outils IA, 31% des développeurs à plus de 4 heures par jour

Claude Code est l'agent le plus utilisé (66%), devant GitHub Copilot (59%). Pour les modèles, Anthropic et OpenAI sont au coude-à-coude (75%), Google complétant le podium avec 55%.

Dans l'ensemble, les devs voient plutôt l'IA d'un bon œil : 62% des répondants en ont une bonne opinion, et même 71% parmi ceux qui s'en servent tous les jours.

Contre toute attente, ce sont les plus expérimentés qui l'apprécient le plus : 69% d'avis favorables chez les devs qui ont 16 ans d'expérience ou plus, contre 53% chez ceux qui ont entre 1 et 5 ans de métier.

Pour choisir un modèle ou affiner leurs prompts, les devs regardent d'abord la qualité (75%), bien avant le coût (38%).

Leurs employeurs, eux, ont déjà sorti la calculette : 38% des répondants signalent des plafonds d'utilisation dans leur organisation, 25% des restrictions sur les personnes autorisées à utiliser l'IA.

Je t'aime, moi non plus

La confiance, en revanche, ne suit pas. Près de la moitié des répondants (48%) font confiance à l'IA à condition de pouvoir facilement vérifier ce qu'elle produit, et seuls 6,6% s'y fient même pour des décisions importantes.

Cette méfiance a ses raisons : 69% des répondants perdent surtout leur temps à corriger du code généré qui a l'air juste mais ne l'est pas, et seuls 10% utilisent une réponse de l'IA telle quelle.

Pour 93% d'entre eux, la citation des sources compte pour accorder du crédit à une réponse générée.

Dans les faits, l'IA a surtout le droit de générer du code en terrain connu (69%) et de débugger ou refactorer (64%).

Pour déployer, faire tourner ou dépanner la prod, ils ne sont plus que 20% à lui confier les clés (on rappelle qu'il a suffi de 9 secondes à un agent pour effacer la base de prod d'une startup, sauvegardes comprises, alors bon 👀).

Les curseurs ont pu bouger depuis : l'enquête a été menée du 23 juin au 5 août, avant l'arrivée de GPT-6 Astra chez OpenAI début septembre, puis de Claude Opus 5.5 chez Anthropic fin septembre.

Pour répondre à une question liée au boulot, les collègues restent la première source d'information (72%), devant le code (63%) et la doc interne (60%).

De quoi expliquer, plaisante Stack Overflow sur son blog, pourquoi les devs seniors passent la moitié de leur journée à répondre aux messages privés.

Tout seul comme un grand

La part de répondants qui travaillent dans une structure d'une seule personne (eux-mêmes) est passée de 4% à 10% en un an, alors que celle des freelances et indépendants n'a quasiment pas bougé.

Si les entreprises ne vous embauchent pas, embauchez-vous vous-même, lance Stack Overflow, qui y voit la possible confirmation d'une tendance dont il n'avait jusqu'ici que des échos : des devs qui montent leur affaire en solo, épaulés par des agents IA.

Le bureau n'est plus vraiment la norme : seuls 18% des répondants y vont tous les jours, contre 35% qui travaillent entièrement à distance.

Une tendance bien plus marquée aux États-Unis, où 48% des répondants ont déclaré être en full remote, contre seulement 21% en France.

Stack Overflow n'est plus à flot

Pour trouver une réponse, la plupart des répondants combinent plusieurs sources : 83% passent encore par un moteur de recherche, et 70% interrogent désormais une IA.

Sans surprise, Stack Overflow en fait les frais, et ce depuis quelques années maintenant : 64% y viennent moins pour les questions simples, 26,5% y contribuent moins, et seuls 1,2% disent y contribuer davantage.

Le site, déjà en pleine crise d'identité, peut tout de même compter sur 16% de répondants qui le consultent davantage pour vérifier la source des réponses de l'IA (un chiffre en baisse sur un an, reconnaît la plateforme).

L'enquête elle-même a perdu des plumes dans le process, puisqu'elle avait recueilli plus de 49 000 réponses l'an dernier.

Stack Overflow voulait savoir comment allaient les développeurs. Au vu de ses propres chiffres, la question mériterait presque d'être retournée à l'envoyeur.

Si vous vous êtes reconnu dans ces développeurs qui ne sont pas heureux au travail, ou qui s'en sont désintéressés : vous pouvez maintenant trouver votre prochain job sur Les Joies du Code. 😉

À propos de l'auteur

Nicolas Lecointre

Nicolas Lecointre

Fondateur des Joies du Code, je suis l'actualité et la culture des développeurs depuis 2012. Ancien développeur, je me consacre aujourd'hui entièrement au média.

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