Un dev français a créé un jeu pour pulvériser n'importe quel site web
Quel dev n'a jamais rêvé de tirer (littéralement) à la sulfateuse sur le site de LinkedIn, et surtout sur l'offre pétée de ce recruteur qui cherche un junior avec 5 ans d'expérience sur un framework sorti l'an dernier ?
Bonne nouvelle, un développeur français a créé un jeu pour ça, et c'est nettement moins risqué pour votre carrière qu'un commentaire salé sous le partage de cette offre.
La promesse de Destroy Any Website tient en une ligne : tapez une adresse, cassez tout.

Un bonhomme bâton surarmé atterrit alors sur la page de votre choix, et rien de ce qui s'y trouve n'est à l'abri.
Après le jeu qui permettait de dégommer les feuilles de temps, on n'est pas contre un défouloir pour les sites qu'on a pris l'habitude de visiter à reculons.
Ce jeu en ligne a été partagé sur X par son créateur, Hugo Duprez, design engineer chez Craiyon (l'ex-DALL-E mini), également derrière Sprite Fusion, une boîte à outils pixel art pour les jeux 2D dont Destroy Any Website est ouvertement la vitrine.
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La guerre des boutons
Pour réduire en miettes le texte, les images et les blocs de la page, le jeu vous équipe d'un arsenal de dix armes, avec en prime une grenade sous le clic droit et un jetpack.
Pistolet, mitraillette, fusil à pompe et lance-roquettes y côtoient une baguette magique (quelque peu destructrice 👀), un drone armé d'une gatling et même une étoile à neutrons dont les faisceaux balaient la page.
Le carnage est soigné : le texte part en morceaux lettre par lettre, accents compris (ce que certains formulaires administratifs ne savent toujours pas faire), et chaque cratère dévoile un décor planqué derrière la page.
Pas question de s'arrêter à la ligne de flottaison pour autant : votre personnage peut se déplacer librement et descendre dans la page, pour poursuivre le massacre en bonne et due forme.
Pour détruire à plusieurs, le mode multijoueur permet d'ouvrir une room de deathmatch et d'y inviter jusqu'à cinq amis. De quoi organiser votre team building le plus fédérateur sur le site de votre ESN.
Objets durables, pages jetables
Rassurez-vous, aucun serveur n'est blessé pendant la partie : tout se passe sur un double de la page (l'original n'en saura jamais rien).
Hugo Duprez raconte sur Reddit avoir enfin construit le jeu de ses rêves, lui qui est un grand fan d'Animator vs. Animation, la série de vidéos d'Alan Becker où un bonhomme bâton se rebelle contre l'animateur qui le dessine.
Développeur TypeScript, il a construit son propre moteur de jeu et de rendu dans ce langage, sur un simple Canvas 2D.
Pour le multijoueur, il s'est tourné vers les Durable Objects de Cloudflare, qu'il connaissait déjà. Ceux-ci permettent de conserver un état et de coordonner plusieurs connexions en temps réel, exactement ce qu'il faut pour qu'une salle sache qui a fait sauter quoi.
Le site tourne quant à lui sur Cloudflare Workers, qui exécutent le code directement sur le réseau mondial de l'entreprise, sans machine à administrer soi-même. Pour un jeu taillé pour devenir viral, c'est plutôt bien vu : pas besoin de se prendre la tête à l'idée de devoir redimensionner un serveur en catastrophe à 3h du matin.
Notre bon vieux Claude (Opus 5.5) a également mis la main à la pâte, en aidant le développeur à transformer son idée d'architecture en plan d'implémentation, puis en réglant en direct les effets et les particules selon ses choix artistiques.
Pour le code, Hugo Duprez confie néanmoins avoir dû recadrer l'IA plus que prévu pour qu'elle conserve des patterns de conception cohérents, tout en saluant une aide précieuse.
Les propriétaires de sites qui le souhaitent peuvent ajouter leur propre bouton "Destroy this website", qui lancera une partie directement sur leurs pages.
On a toujours aimé tout casser
Dans la même veine, Page Rage a débarqué peu avant. On y pilote un soldat équipé d'un jetpack, sur n'importe quel onglet via une extension Chrome, Firefox ou Edge, ou sur six fausses pages maison dont les noms (Rageit, Pain Mail, The Daily Dread) laissent peu de doute sur les cibles.
L'idée traîne d'ailleurs sur le web depuis longtemps, avec Kick Ass, le bookmarklet (un favori qui embarque du JavaScript) qui transforme n'importe quelle page en terrain de jeu façon Asteroids.

Bien avant le navigateur, c'est le bureau de Windows 98 ou XP qui prenait cher. Oui, ce même bureau où l'on regardait sagement le défragmenteur ranger ses petits carrés colorés, rituel qu'un dev a récemment ressuscité sur le web.
Destroy Any Website réveillera sans aucun doute chez les plus anciens d'entre nous un souvenir ému de Desktop Destroyer, un petit freeware tchèque du tournant des années 2000 qui permettait de massacrer ce bureau au marteau, à la tronçonneuse, à la mitrailleuse ou même aux termites.
Pour jouer à Destroy Any Website, c'est par ici.
À propos de l'auteur
Nicolas Lecointre
Fondateur des Joies du Code, je suis l'actualité et la culture des développeurs depuis 2012. Ancien développeur, je me consacre aujourd'hui entièrement au média.
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