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Microsoft promet de réparer Windows 11, et casse tout le même jour.

Nicolas Lecointre · 23 Mar 2026 à 08h38
Microsoft promet de réparer Windows 11, et casse tout le même jour.

Après la fin de support de Windows 10 en octobre 2025, Microsoft devait logiquement voir les chiffres d'adoption de Windows 11 décoller. C'est l'inverse qui s'est produit.

Selon StatCounter, la part de marché de Windows 11 est passée de 55,18% en octobre 2025 à 50,73% en décembre, pendant que Windows 10 (en fin de vie officielle, rappelons-le) remontait de 41,71% à 44,68%. Même Windows 7, sorti en 2009, a grignoté des points (!).

Selon les chiffres avancés par le directeur de l'exploitation de Dell lors des résultats trimestriels, environ 500 millions de PC parfaitement capables de faire tourner Windows 11 restent volontairement sous Windows 10.

Le vendredi 20 mars, Pavan Davuluri, vice-président exécutif en charge de Windows et des Devices, a publié un billet sobrement intitulé "Notre engagement pour la qualité de Windows". Traduction libre : on a compris qu'il y avait un problème.

Projet K2 : performance, fiabilité, et un peu de bon sens

La montagne K2

Le projet s'appelle K2 en interne, comme le deuxième plus haut sommet du monde (parce qu'escalader l'Everest, visiblement, c'est trop mainstream).

Il a été élevé au rang de priorité absolue pour toutes les équipes Windows, au point d'avoir fait annuler ou reporter d'autres chantiers, et s'articule autour de trois axes : performance, fiabilité et qualité.

Sur le volet performance, Microsoft annonce une réduction de l'empreinte mémoire de base du système, un refactoring de l'Explorateur de fichiers (lancement plus rapide, navigation moins poussive, latence réduite sur la recherche et les menus contextuels), et des améliorations concrètes de WSL côté performances fichiers et réseau.

Pour les devs qui font tourner des workloads Linux depuis Windows, c'est probablement la partie la plus tangible de l'annonce. Sur la fiabilité, l'objectif affiché est de stabiliser les fameux Patch Tuesday, ces mises à jour mensuelles qui ont pris la fâcheuse habitude d'introduire autant de bugs qu'elles en corrigent.

Microsoft promet aussi un meilleur contrôle côté utilisateur : la possibilité de mettre les mises à jour en pause aussi longtemps que voulu, et surtout celle d'éteindre ou redémarrer son PC sans se faire imposer l'installation d'un update en attente. Finis les redémarrages forcés les lundis à 14 heures. Incroyable.

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Copilot mis en laisse, la taskbar libérée

Mais c'est sans doute le troisième volet des annonces qui devrait parler au plus grand nombre : Microsoft va retirer les points d'entrée Copilot de Snipping Tool, Photos, Widgets et Notepad. La sidebar Copilot va devenir optionnelle. Les publicités dans la section "Recommandé" du menu Démarrer pourront être désactivées entièrement.

La taskbar pourra (à nouveau !) être déplacée. Comme le disait si bien Yannick : en haut, en bas, à gauche, à droite. Comme dans Windows 10, comme dans tout autre OS du marché, comme les utilisateurs le réclamaient depuis le premier jour.

La demande correspondante sur le Feedback Hub a accumulé plus de 24 000 upvotes (c'est l'une des plus votées de la plateforme). Cette fonctionnalité avait été supprimée lors du passage à Windows 11 sans explication convaincante, et il aura fallu quatre ans et une crise de confiance documentée par les chiffres pour la retrouver.

Les premiers changements devraient commencer à atterrir dans les builds Windows Insider d'ici quelques semaines, avant un déploiement progressif pour l'ensemble des utilisateurs au fil de l'année.

Tout cramer pour repartir sur des bases saines

Mais le vrai sel de la semaine dernière, c'est le timing. Le même 20 mars où Davuluri publiait son engagement qualité, Microsoft confirmait que la mise à jour KB5079473 du Patch Tuesday du 10 mars cassait les connexions aux comptes Microsoft sur Windows 11.

Edge, OneDrive, Teams, Word, Excel, Microsoft 365 Copilot : tous affichaient un joyeux message "You'll need the Internet for this. It doesn't look like you're connected to the Internet", alors que l'utilisateur était... parfaitement connecté.

Le correctif recommandé par Microsoft ? Redémarrer avec une connexion active. Si vous aviez alors le malheur de redémarrer sans internet, le bug revenait.

IT Crowd : have you tried turning it off and on again?

Un correctif d'urgence (KB5085516) a été poussé en catastrophe dans la foulée, mais ça reste un sacré comble quand on vient tout juste de pondre un manifeste sur la qualité.

Le billet de Davuluri est structuré, les intentions sont claires, le calendrier est posé. Ce qu'on n'y trouve pas, en revanche : la moindre allusion à l'obligation d'un compte Microsoft pour installer Windows, ni à la persistance d'Edge comme navigateur par défaut avec une insistance que beaucoup trouvent franchement agressive.

Ces deux sujets concentrent une part significative des frustrations remontées par les utilisateurs, et ce depuis des années, mais ils ne figurent pas dans le périmètre de K2. Microsoft a passé quatre ans à prioriser à l'excès les intégrations Copilot et les surfaces publicitaires dans son OS, au détriment de la fiabilité de base. D'une certaine manière, K2 n'est que la reconnaissance implicite de ce mauvais calcul.

Si les correctifs promis arrivent à temps pour convaincre les 500 millions de PC encore sous Windows 10 zombifié, le projet méritera bien son nom, car c'est effectivement le genre de sommet qu'on n'atteint pas juste avec de bonnes intentions.

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À propos de l'auteur

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Chief Happiness Officer des développeurs, ceinture noire de sudo. Pour rire, j'ai créé Les Joies du Code. J'utilise Vim depuis 10 ans parce que je sais pas comment le quitter.

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