Avec Arnis, recréez n'importe quel endroit du monde dans Minecraft
Votre quartier en voxels — Si vous avez déjà joué à Minecraft, il y a de bonnes chances que l'idée vous ait traversé l'esprit : "et si je reconstruisais ma rue ?". Mais une fois arrivé à votre 4000ème bloc de pavé pour reproduire le trottoir devant chez vous, la motivation en prend quand même un sacré coup.
Le développeur allemand Louis Erbkamm a eu la même idée, et a décidé de l'automatiser : l'outil s'appelle Arnis (du nom de la plus petite ville d'Allemagne, qu'il utilisait pour tester son algo), il est open source, écrit en Rust, et est capable de prendre n'importe quelle zone du monde réel pour la régénérer automatiquement dans Minecraft.
Trois clics sur une carte
Le principe est redoutablement simple : vous sélectionnez une zone sur une carte via l'interface, vous choisissez votre monde Minecraft, puis vous cliquez sur "Start Generation". Arnis se charge du reste.

Sous le capot, l'outil récupère les données cartographiques depuis OpenStreetMap via l'API Overpass (la plateforme collaborative qui recense routes, bâtiments, cours d'eau, zones vertes). Les rues, les bâtiments, les parcs, les rivières : tout y est, reconstitué fidèlement en blocs !
Pour les reliefs, c'est une autre histoire. Arnis superpose des données d'élévation hébergées sur AWS : des Terrain Tiles issus des missions spatiales de la NASA (rien que ça !), et accessibles gratuitement via le programme Open Data Sponsorship d'Amazon. Résultat concret : la colline que vous voyez par votre fenêtre sera une vraie colline dans votre monde, et non une plaine décevante.
Quelques réglages permettent d'affiner la génération : l'échelle du monde, le point de spawn, et pour les perfectionnistes, la génération des intérieurs de bâtiments (parce qu'évidemment, certains ont besoin que leur appartement soit aussi dedans).
Découvrez Passbolt, le gestionnaire de mots de passe open source pour les équipes
Quand AWS sauve ton side project
Le passage aux Terrain Tiles d'AWS n'est d'ailleurs pas anodin. Avant cette migration, Arnis utilisait un fournisseur de données d'élévation commercial.
Les utilisateurs effectuaient environ 2 millions de requêtes de tuiles en trois mois, et la facture se chiffrait en centaines de dollars que Louis payait de sa poche. Après des mois de développement, le projet risquait alors tout simplement d'abandonner la fonctionnalité d'élévation.
La migration vers le programme Open Data d'AWS a tout débloqué : accès gratuit, pas de clé d'API, pas de limite de requêtes. Le projet a d'ailleurs été mis en avant sur le blog officiel AWS Public Sector.

Bedrock, navigateur et au-delà
Initialement limité à Minecraft Java Edition, l'outil supporte désormais la Bedrock Edition depuis début 2026. Ce qui veut dire que vous pouvez générer votre quartier sur PC, mais aussi sur console ou mobile.
Pour ceux qui ne veulent rien installer, il existe aussi MapSmith, une version navigateur qui tourne directement en ligne (y compris sur téléphone). Des serveurs distants se chargent de la génération, ce qui permet de créer des zones allant jusqu'à 150 km², soit plus de deux fois la surface de Manhattan.
Arnis tourne sur Windows, macOS et Linux. Il est gratuit, open source (licence Apache 2.0), et revendique à ce jour près de 300 000 utilisateurs.
Le projet n'est pas uniquement utilisé pour se promener chez soi en mode voxels : des chercheurs s'en sont emparés pour une étude baptisée "Floodcraft" qui génère des quartiers réels dans Minecraft pour enseigner la gestion des inondations à des enfants.
De son côté, le développeur principal ne s'est pas arrêté à la Terre : en utilisant les données topographiques satellites de la NASA, il a reconstitué l'intégralité de la surface de la Lune et de la planète Mars dans Minecraft. Cratères, montagnes, et même les sites d'atterrissage des missions Apollo et des rovers martiens : tout est placé à partir de données réelles !
À propos de l'auteur
Nicolas Lecointre
Chief Happiness Officer des développeurs, ceinture noire de sudo. Pour rire, j'ai créé Les Joies du Code. J'utilise Vim depuis 10 ans parce que je sais pas comment le quitter.
Articles similaires
Un développeur déploie l'intégralité de la législation espagnole sur GitHub
La Python Software Foundation refuse 1,5 million de dollars du gouvernement américain
Insolite : un client Bluesky codé en Fortran (et il fonctionne vraiment)
Ce projet open source prétend voir à travers vos murs avec un simple signal WiFi
Un développeur déploie l'intégralité de la législation espagnole sur GitHub
La Python Software Foundation refuse 1,5 million de dollars du gouvernement américain
Insolite : un client Bluesky codé en Fortran (et il fonctionne vraiment)
Ce projet open source prétend voir à travers vos murs avec un simple signal WiFi
Plus de contenu
Quand je reprends le projet du stagiaire
Quand j'apprends que tous nos environnements de prod viennent de tomber
Quand c'est vendredi soir et qu'on me dit qu'il y a un bug à corriger
Quand l’exécution d'une fonction ne se déroule pas comme prévu
Quand on découvre le peu de jours vendus par le commercial pour un projet colossal
Quand je cherche un README dans le projet legacy que je viens de récupérer
À chaque jour suffit son npm
Quand je suis bloqué dans une réunion sans fin le vendredi après-midi
Quand je reprends le projet du stagiaire
Quand j'apprends que tous nos environnements de prod viennent de tomber
Quand c'est vendredi soir et qu'on me dit qu'il y a un bug à corriger
Quand l’exécution d'une fonction ne se déroule pas comme prévu