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Compatibilité : les jeux Windows sur Linux atteignent un niveau jamais vu

Maxence Baffet · 3 Déc 2025 à 10h04
Compatibilité : les jeux Windows sur Linux atteignent un niveau jamais vu

Vous avez bien lu : l’époque où il fallait bidouiller pour lancer un jeu Windows sur Linux touche à sa fin. Aujourd’hui, c’est de plus en plus "Télécharger > Lancer > Jouer".

En scrutant les données de ProtonDB, la plateforme communautaire qui recense les retours des joueurs sur la compatibilité des jeux Windows sous Linux, un constat s'impose : les jeux qui refusent de se lancer sont de moins en moins nombreux.

Le baromètre

Voici comment les jeux sont classés :

  • Platinum : le jeu fonctionne parfaitement dès l'installation.
  • Gold : le jeu fonctionne presque « out of the box », mais nécessite un petit réglage.
  • Silver : ce n'est pas parfait, mais on peut jouer.
  • Bronze : entre « ça marche moyen » et « ça plante ».
  • "Borked" (cassé) : ça ne se lance pas.

Mois après mois, la part des jeux "Borked" ne cesse de diminuer. Près de 90 % des jeux Windows parviennent désormais à se lancer sous Linux !

Graphique d'évolution de la compatibilité des jeux Windows sur Linux de 2020 à 2025, montrant une croissance significative des jeux classés Platinum (parfaitement fonctionnels) passant d'environ 35% en 2020 à plus de 60% en 2025. Les catégories Gold et Silver représentent respectivement environ 20% et 15% en 2025, tandis que les jeux Bronze et Borked (non fonctionnels) diminuent progressivement pour atteindre environ 5% combinés. Le nombre total de jeux uniques testés augmente régulièrement, dépassant 2 500 jeux par trimestre en 2025. Source : ProtonDB

Pourquoi ça avance autant ?

Le Steam Deck, catalyseur du changement

Évidemment la première raison, et non des moindres, c'est le Steam Deck. Celui-ci a démocratisé le jeu en mode portable, mais aussi mis en lumière ce qui fait tourner la machine : SteamOS, l’OS de Valve, basé sur Arch Linux.

Résultat : Linux occupe désormais une place majeure dans le paysage du jeu vidéo. Au vu des dernières annonces de Valve pour les Steam Machines, le développement du jeu vidéo sur Linux devrait d'ailleurs s'accélérer dans le futur.

Proton et WINE : des années de R&D qui paient

Les équipes qui maintiennent Proton et WINE travaillent sur leurs projets respectifs depuis des années, ce qui leur a permis d’atteindre un niveau de maturité qui fait désormais monter ces logiciels en puissance.

La stabilité financière apportée par Steam à Proton a également permis d’assurer un développement solide et durable.

Valve travaille même directement avec certains développeurs et éditeurs pour s'assurer que leurs jeux fonctionnent dès le jour de sortie (le fameux "Day 1"). Une approche proactive qui change tout.

Windows 10/11 et l'exode vers Linux

Enfin, les évolutions de Windows 10 et 11 jouent aussi un rôle : Windows 10 est désormais déprécié depuis octobre 2025, et Windows 11 impose des contraintes matérielles strictes (TPM 2.0, CPU récents). De plus en plus d’utilisateurs envisagent Linux comme une alternative crédible.

Cela pousse les éditeurs et les développeurs à adapter leurs jeux plus rapidement pour en améliorer la stabilité. Le timing est parfait : Linux devient crédible pile au moment où Windows perd des utilisateurs.

Les irréductibles qui résistent encore

Bon, tout n'est pas rose non plus. Certains jeux refusent catégoriquement de coopérer, et c'est même parfois carrément assumé par les développeurs.

Les jeux Riot Games en sont l'exemple parfait. League of Legends, Valorant, Legends of Runeterra... Tous bloquent activement Linux à cause de leur système anti-cheat Vanguard, qui fonctionne au niveau du kernel et refuse de tourner ailleurs que sur Windows. Riot a ouvertement fait le choix de ne pas supporter Linux, malgré les demandes répétées de la communauté.

D'autres jeux ont connu des débuts compliqués mais s'améliorent progressivement avec quelques bidouilles.

Mais le vrai nerf de la guerre reste les anti-cheats, ces technologies qui bloquent Linux, souvent volontairement de la part des éditeurs. Pour eux, pas de miracle à court terme : il faudra attendre que la base de joueurs Linux soit suffisamment importante pour que les éditeurs ne puissent plus ignorer ce manque à gagner.

Les performances en bonus

Cerise sur le gâteau : les performances sous Linux sont, en moyenne, meilleures que sous Windows sur le même matériel (surtout pour les configs AMD), le support HDR arrive également sur le desktop. Peu à peu, tout l’écosystème Linux gagne en maturité.

Linux et SteamOS ont clairement prouvé qu'ils peuvent être d'excellentes plateformes de gaming. Longtemps sous-estimées, elles démontrent aujourd’hui toute leur pertinence.

Certes, on n'atteindra sans doute jamais les 100% de compatibilité — les anti-cheats veillent au grain — mais pour les jeux qui comptent vraiment, on frôle désormais les 80% ou plus. Et c'est déjà considérable.

Une chose est sûre : l'avenir du gaming sous Linux n'a jamais été aussi prometteur !

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À propos de l'auteur

Maxence Baffet

Maxence Baffet

Formateur en informatique passionné de la première heure, j'aime découvrir et apprendre de nouvelles choses, toucher à tout ce qui est possible et développer mes propres projets

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