Ubuntu 26.04 LTS Resolute Raccoon est disponible en bêta

La bêta d'Ubuntu 26.04 LTS vient de sortir, un mois avant la sortie stable prévue le 23 avril.
Nom de code : Resolute Raccoon. Et pour une LTS, celle-ci embarque quelques changements qui méritent qu'on s'y attarde.
Un kernel qui aime vivre dangereusement
Commençons par l'éléphant dans la pièce (ou plutôt le raton laveur) : Ubuntu 26.04 embarque le kernel Linux 7.0, encore en cours de développement (!) : c'est la release candidate qui tourne sous le capot.
Pour une distribution LTS censée être le choix "tranquille" pour cinq ans, le pari de Canonical est plutôt audacieux. On suppose que la version finale du kernel arrivera avant le 23 avril, mais ça laisse peu de marge.

Côté GPU, les pilotes NVIDIA 590 et Mesa 26.0.2 sont de la partie. Et surtout, les outils nécessaires pour faire tourner de l'IA sur carte graphique (AMD ROCm et NVIDIA CUDA) débarquent directement dans les dépôts officiels Ubuntu.
Jusqu'ici, installer ces outils passait par des dépôts tiers pas toujours fiables et des scripts d'installation qui cassaient à chaque mise à jour. C'est terminé : un simple apt install, et on peut enfin passer à autre chose.
App Center : le retour du .deb
C'est probablement la nouveauté qui va faire le plus plaisir au quotidien : l'App Center sait enfin gérer les paquets .deb en plus des snaps.
Après des années à pousser le tout-snap avec un enthousiasme que peu partageaient, Canonical lâche du lest : l'App Center permet désormais de visualiser, trier et supprimer les paquets Debian installés depuis l'interface graphique, sans passer par le terminal.
Ce n'est pas encore un vrai store pour les .deb, mais c'est un sacré pas en avant.
Côté toolchain, on passe à Python 3.14, GCC 15.2 et OpenJDK 25 par défaut. De quoi rafraîchir la stack sans avoir à jongler avec des dépôts tiers.
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GNOME 50 et le grand divorce avec X11

GNOME 50 arrive avec son lot de nouveautés : le support du VRR (Variable Refresh Rate), un meilleur scaling pour les applications X11 legacy via XWayland, et des contrôles parentaux (parce que même votre Ubuntu a le droit de vous dire d'arrêter de scroller).
Deux nouvelles applications par défaut font leur entrée : Resources, un moniteur système qui remplace le vénérable gnome-system-monitor, et le lecteur vidéo Showtime.
Mais le changement le plus significatif pour les habitués : il n'y a plus de session X11/Xorg côté Ubuntu. Vos applications legacy continueront de fonctionner via XWayland, mais si vous avez besoin d'un vrai serveur X11, il faudra se tourner vers une autre variante d'Ubuntu (Lubuntu propose encore X11 pour cette version).
Les petits détails qui comptent
Canonical a éclaté les paquets firmware du kernel en 17 paquets spécifiques par constructeur. Concrètement, ça veut dire des mises à jour plus légères et la possibilité de supprimer les drivers de matériel que vous ne possédez pas.
Du côté du terminal, apt gagne les commandes why et why-not (pour comprendre pourquoi un paquet est installé ou ne peut pas l'être) et une complétion bash étendue. De même, comme je vous l’ai partagé récemment, sudo affiche désormais des astérisques quand vous tapez votre mot de passe.
Ce LTS vaut-il le saut ?
Si vous êtes encore sur Ubuntu 24.04 LTS, la migration vers 26.04 vous apportera le cumul de trois versions intermédiaires d'un coup. C'est un sacré bond en avant, surtout avec l'arrivée de Wayland en exclusivité et les paquets IA dans les dépôts officiels.
La bêta est disponible sur le serveur de releases officiel d'Ubuntu pour les architectures Intel/AMD 64-bit et ARM. Mais comme d'habitude, gardez-la loin de vos machines de prod. Un kernel en RC sur une bêta de LTS, c'est le genre de combo qui ferait transpirer plus d'un sysadmin.
À propos de l'auteur
Nicolas Lecointre
Chief Happiness Officer des développeurs, ceinture noire de sudo. Pour rire, j'ai créé Les Joies du Code. J'utilise Vim depuis 10 ans parce que je sais pas comment le quitter.
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