Le réseau social de Donald Trump enfreint la licence open source de Mastodon, dont il exploite le code

La nouvelle ne vous a probablement pas échappée : après avoir été banni des principaux réseaux sociaux américains (Twitter, Facebook et YouTube) suite à l'assaut du Capitole par ses partisans en janvier, l'ancien président Donald Trump a annoncé la semaine dernière l'arrivée de son propre réseau social, (ironiquement) prénommé "Truth Social".

En plus d'avoir suscité bon nombre de moqueries sur la toile et s'être fait hacker (et troller) son environnement de test par les Anonymous, le service se heurte avant même d'être ouvert publiquement à un aspect légal qui n'est pas des moindres, puisqu'il enfreint les règles de la licence du réseau social libre Mastodon, sur lequel se base son code.

En atteste un ticket mentionnant la présence du logo de Mastodon dans la liste des bugs du réseau social. Bien que l'on pressente que les développeurs derrière ce projet aient déployé quelques efforts pour cacher les liens évidents avec l'outil libre, de multiples références à Mastodon ont néanmoins pu être identifiées dans les sources du site, en complément des nombreuses similarités graphiques.

Semblable à Twitter dans son approche de microblogging, Mastodon se présente comme un réseau social libre d'être hébergé sous différentes formes et entités, et est régi par la licence copyleft GNU AGPLv3 (Affero General Public License).

Cette licence exige dans ses termes que si un service basé sur le code de Mastodon est rendu accessible en ligne, sous la forme d'un site web par exemple, le code exploité et retravaillé soit lui aussi partagé.

Le problème, c'est que Truth Social indique explicitement dans ses conditions d'utilisation que son service est propriétaire.

L'organisme Software Freedom Conservancy, qui a pour mission de défendre les logiciels libres, s'est très vite saisi de l'affaire et a sommé le Trump Media and Technology Group, la société cotée en bourse derrière Truth Social, de se conformer à cette licence open source.

Si la société éditrice du service n'a pas remédié à la situation sous 30 jours, des poursuites judiciaires seront alors engagées à l'encontre du réseau social de l'ancien président américain, qui n'est à ce jour ni plus ni moins qu'un clone illégal de Mastodon.

À noter que l'ouverture de Truth Social est prévue pour novembre en accès restreint pour une population d'utilisateurs sélectionnés (version bêta), avec un lancement auprès d'un public plus large prévu début 2022.

L'open source potentiellement capable de faire flancher Trump, qui l'eût cru ? 😉