Les fuseaux horaires en Antarctique, pire cauchemar des développeurs

Comme chaque année, ce dimanche 27 mars, les horloges avanceront d'une heure dans de nombreux pays du monde dans le cadre du passage à l'heure d'été (et oui, on va pas la refaire à chaque fois : vous allez dormir une heure de moins, mais c'est bientôt l'été, du coup ça va, OK ?).

Alors que ce passage peut poser problème à certains projets informatiques vraiment mal foutus, ainsi que ceux sollicités sur des fuseaux horaires différents (certains pays n'appliquent pas ce changement d'heure), je voulais profiter de cet article pour vous sensibiliser à une cause bien particulière : celle des développeurs qui ont déjà travaillé avec les fuseaux horaires de l'Antarctique.

— L'Antarctique c'est le pôle Nord c'est ça ?

Non, putain.

— Oh WOW, t'es violent mec ! C'est le week-end, relax !

L'Antarctique, qui est donc le continent le plus au sud de notre belle planète, s'avère être une réelle abomination pour le commun des développeurs (notez que j'exclus volontairement celles et ceux qui aiment se faire mal, avec des regex par exemple).

La raison ? Ses fuseaux horaires.

"Ses" ? Oui, car le continent n'en compte pas un, pas deux, pas trois, pas quatre, pas cinq... mais 12 !

Alors oui, du coup vous vous dites que si le continent se trouve tout au sud de la Terre, il est forcément traversé par tous les méridiens du globe (et c'est très juste), et donc tous les fuseaux horaires existants (théoriquement, oui).

OK, mais dans ce cas, ça ne nous explique pas pourquoi il ne dispose pas de 24 fuseaux horaires correspondant à chaque heure de la journée.

La raison principale de ces 12 fuseaux horaires est en effet différente : étant donné que l'Antarctique n'est pas habité, à l'exception de stations scientifiques et d'expéditions touristiques, le continent n'est pas officiellement divisé en fuseaux horaires.

Il a néanmoins été divisé en territoires (et c'est là que ça devient un sacré bordel), pour lesquels le fuseau horaire correspond soit à celui du pays auquel ils appartiennent, soit à celui du pays qui les approvisionne (par exemple la Nouvelle-Zélande).

La règle (déjà pas si simple) pouvait s'arrêter là, mais certaines bases scientifiques sur le continent ont décidé de mettre leur grain de sel (pas bonne cette expression avec la fonte des glaces) :

  • Alors que le changement d'heure n'est pas appliqué sur la majeure partie du continent, la station de recherche Palmer, détenue et financée par les États-Unis, mais exploitée sur le territoire chilien, suit l'heure du Chili.
  • La station Troll, située dans une zone revendiquée par la Norvège, suit le temps universel (UTC) d'octobre à mars, puis passe en UTC+2 (WTF) de mars à octobre. De fait, elle porte très bien son nom.

En complément, des chercheurs travaillant dans la station d'un autre pays que le leur optent parfois pour suivre le fuseau horaire de leur pays d'origine, du moment qu'ils n'ont pas à travailler avec d'autres équipes, cela facilitant les communications avec leur maison mère.

Au plaisir de vous avoir appris quelque chose avec cet article, je vous souhaite d'avance un bon dimanche, et surtout de ne jamais avoir à travailler sur les fuseaux horaires de l'Antarctique ! 😉

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